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Essais routiers

Dodge Journey 2010

 

Pour son prix, d’abord

Daniel Rufiange

Le Dodge Journey est représentatif de plusieurs des produits offerts par ce fabricant : intéressant mais pas excitant. Introduit en 2007, il en est à sa troisième année et devrait survivre à la fusion avec Fiat en raison de son côté pratique et de son prix qui demeure respectueux des budgets des jeunes familles. Pour en faire un incontournable, Dodge devra toutefois apporter quelques correctifs. Voyons voir…

Carrosserie

Pour certains, le Journey n’est qu’une version miniaturisée du Grand Caravan. Ils n’ont pas tort. Cependant, il s’agit d’un véhicule complètement différent, à commencer par la base sur laquelle il sied. En éliminant la version de base de la Grand Caravan, Dodge s’est donné l’occasion d’introduire une alternative avec le Journey. Plus petit, il affiche des lignes plus jeunes et dynamiques que celles de son grand frère. En réalité, le Journey a de la gueule et du style, qu’on le regarde de l’avant, de l’arrière ou des trois quarts. On comprendra que la clientèle visée est plus jeune.

Offert en quatre livrées – SE, SE plus, SXT et RT –, je demeure déchiré quant à celle que je devrais recommander. Si la version de base se veut intéressante en raison de son prix, elle s’accompagne d’un horrible engin qui va vous faire tempêter encore et encore. Par conséquent, il faut opter pour les versions offrant l’autre moteur, le V6, mais on perd alors l’avantage du prix, l’argument de vente principal du Journey.

Habitacle

Deux mots pour qualifier le Journey; fort pratique ! Avec de la place pour sept et un aménagement possible des banquettes qui permet d’entasser jusqu’à 1901 litres de matériel, tous y trouveront leur compte. La présentation demeure des plus simples, et la qualité des matériaux utilisés va de pair avec la facture; il faut bien faire des économies quelque part ! Toutefois, une sérieuse tape sur les doigts aux concepteurs du tableau de bord qui se révèle l’un des plus laids qu’il m’ait été donné de voir depuis longtemps.  Si vous le trouvez joli, grand bien vous fasse !

Mécanique

Ça va ici du pathétique au raisonnable. Commençons par l’horreur, c'est-à-dire le moteur à 4 cylindres de 2,4 litres de Chrysler. Dire que cet engin est désuet c’est comme affirmer que la dernière saison du Canadien de Montréal s’est terminée en dents de scie : une évidence. Non seulement cherche-t-on les 173 chevaux annoncés, mais ces derniers donnent l’impression d’être sérieusement grippés quand on les sollicite. Le résultat : un grognement désagréable du compartiment moteur et l’impression qu’on traîne une remorque de quarante-cinq pieds derrière. C’est franchement dommage car ça gâche tout l’attrait d’une version de base sous les 20 000 $. Ça force l’acheteur à prioriser le moteur à 6 cylindres sous le capot. Il faut alors opter pour une version R/T ou cocher oui à option V6 sur la variante SXT.

Comportement

Ici, on demeure sur son appétit. D’abord, il faut reconnaître le degré de confort plutôt étonnant qu’offre le Journey. Le travail de la suspension feutre nos déplacements et jamais a-t-on l’impression de se faire brasser inutilement. Par contre, cette douceur vient pénaliser la tenue de route qui se veut très approximative. Quelques coups de volant successifs nous transmettent une sensation de mollesse qui n’a rien de rassurant, surtout si l’on a un obstacle à contourner. Même commentaire en ce qui a trait au freinage qui se révèle plus spongieux que ferme. De petits défauts ici et là qui commandent prudence au volant. La conduite du Journey n’a rien de sportif, tenez-vous-le pour dit.

Conclusion

Si le Journey a réussi à bien s’implanter dans son segment, c’est surtout en raison de son prix alléchant, des incitatifs à l’achat du constructeur mais aussi en raison de son côté pratique et polyvalent. Cependant, si Chrysler veut continuer à en vendre en bonne quantité, de petites améliorations – notamment sous le capot et du côté des suspensions – devront être apportées. Et de grâce, redessinez la planche de bord quelqu’un !

Points forts

-       Rapport polyvalence/prix de la version de base

-       Douceur de roulement

-       Espace intérieur

Points faibles

-       Moteur à 4 cylindres dépassé

-       Boîte de vitesses automatique à 4 rapports encore plus dépassée

-       Tableau de bord affreux

-       Mollesse du jeu des suspensions